Remarquable analyse d’un auteur algérien écrite en Janvier 2016

La saison estivale est le moment pour tous d’éveiller  nos sens qui parfois somnolent. En parcourant l’actualité riche en événements et particulièrement confrontée à une guerre des mots destinée à culpabiliser notre société,   je suis tombé sur l’article de Karim Akouche poète, romancier et dramaturge. Né en Kabylie, il vit au Québec.

Yazidi executions taken from Isis Twitter account https://twitter.com/w_elkher

Puisse ce texte, écrit en janvier 2016, ouvrir les yeux des aveugles qui nous gouvernent. Car l’avenir de la France, donc celui de nos enfants,  pourrait bien être celui que décrit Karim Akouche :

 

Après les horreurs du vendredi 13 , la France de demain ne sera plus comme avant.
Elle ne sera plus la France d’hier.

Elle sera semblable, à quelque chose près, à l’Algérie des années 90 : Paris sera Alger. Toulouse, Blida ou Média. Lyon, Ain Defla. La Kabylie, la Bretagne.

Ce n’est pas difficile à prédire.

C’est même une évidence pour celui qui, comme moi, a vécu la guerre civile algérienne, côtoyé la violence aveugle des fous de Dieu, marché sur des flaques de sang et des morceaux de chair.

Ça a débuté comme ça : en bruit de pantoufles avant que ne retentissent les kalachnikovs et les bombes. On pensait que c’était un jeu.  Comme ces pétards que les enfants faisaient exploser lors de l’aïd et de l’anniversaire de la naissance du Prophète. On riait des qamis et des barbes hirsutes des intégristes.

C’étaient nos « pères Noël ».

Ils n’apportaient pas de cadeaux, ne distribuaient pas de bonbons, mais ils aimaient nous raconter des histoires obscures sur l’enfer et le jugement dernier. On trouvait leur façon de s’habiller exotique.  Car, à la fin des années 80, rares étaient ceux qui portaient ces accoutrements importés d’Afghanistan et d’Iran. Puis ça a continué comme ça : par l’intimidation.  Avec des mots qui, certes, étaient trop violents pour mes oreilles d’enfant, mais c’était de simples mots.

Les islamistes harcelaient les femmes libres, les démocrates et les laïques.  Ils traitaient les progressistes de dépravés, de suppôts des croisés. Parfois, ils donnaient des coups de poing, de simples coups de poing. Puis ça a progressé.  Ils utilisaient des objets, de simples objets : des galets, des cordes, des seringues d’acide, des couteaux, des haches…

Ensuite ça a basculé : les islamistes ont embarqué le peuple dans un bateau ivre, pour un long voyage au bout de la nuit… sans crier gare, ils ont sorti les armes à feu, les fusils à canon scié, les bonbonnes de gaz et tout leur attirail de guerriers. Ce n’était plus un jeu.  C’était sérieux, mais c’était la folie…

Les barbus tuaient les poètes, les fonctionnaires, les enseignants, les médecins… puis les gens ordinaires, le « petit » peuple.

Les journalistes rasaient les murs, ils étaient devenus des nécrologues.

Ils n’écrivaient plus d’articles, ils comptabilisaient les morts.

Les cafés et les trottoirs se vidaient, les gens se donnaient rendez-vous aux cimetières et parfois on enterrait à la pelleteuse.

Grisé par le sang, l’islamiste a redoublé de violence.

On l’a vu éventrer les femmes enceintes, jeter des bébés dans des micro-ondes, égorger des villages entiers : Bentalha, Beni-Messous, Larbaa, Raïs… des toponymes qui donnent encore froid dans le dos.

L’islamiste est partout le même.  Il carbure à la haine. Son vocabulaire est pauvre.
Il ne maîtrise que quelques verbes, souvent équivalents : tuer, exécuter, massacrer, violer, brûler, détruire… Il ne lit qu’un seul livre, le Coran.  Il n’obéit qu’aux seules lois d’Allah et de son Prophète. Il dort avec un seul mot dans la bouche : vengeance.  Il ne se réveille qu’avec un seul désir : éliminer un maximum de mécréants. L’islamiste joue au sourd et au muet.  Toute tentative de dialogue avec lui est vouée à l’échec.

Il préfère le monologue. Il refuse le débat d’idées.  Il préfère le terrain de la menace.  Gare à celui qui le contredit. L’islamiste n’a pas d’arguments, mais il a des versets.  Il n’a pas de cœur. Il ne connaît pas la peur.  Si les balles tombent sur lui, il les affrontera avec le sourire. Sa devise : la vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la mort. Pour lui, la mort, c’est l’éternel bonheur : il s’y abreuvera aux rivières de vin (breuvage interdit sur terre !) et à la tendre chair des houris. L’islamiste n’est pas un animal de compagnie.  On ne doit pas le caresser dans le sens de la barbe, ni lui faire confiance.  Il a le cerveau malade. Les crocs acérés.  La gâchette facile. Son entreprise s’appelle la terreur. L’islamiste ne réfléchit pas, ne recule pas, il fonce.
Il ne rafistole pas, il achève.

Son objectif : soumettre l’humanité à la Oumma, la nation islamique mondiale. Son droit chemin lui a été tracé par Allah et Mahomet.  Les autres voies lui sont impénétrables.
Jouer avec lui, c’est comme badiner avec un serpent.  Il glisse.  Il mord.
On ne peut pas le dompter, il tue.

En voulant l’instrumentaliser dans leur stratégie contre leurs démocrates, les dirigeants algériens l’ont payé cher lors de la décennie noire.  Le serpent leur a échappé des mains. Bilan : plus de 200 000 morts.

  • L’islamiste est perfide.
    Il affectionne la ruse.
    Il brouille les pistes.
    Il peut être un loup solitaire, mais il chasse souvent en meute.
    Il n’aime pas la démocratie, mais il s’en sert.
    Il déteste la liberté, mais il en abuse pour propager son idéologie.
    Il n’aime pas les technologies, mais sait remarquablement s’en servir afin de faire avancer à cause.
    L’islamiste a repéré les failles des démocraties occidentales.
    Il sait qu’il est un bourreau, mais il joue à la victime.

 

 

S’il brandit le spectre de l’islamophobie, c’est pour culpabiliser le démocrate et le pousser à céder du terrain où il sèmera ses graines. L’islamiste gagne chaque jour des batailles contre l’Occident.  Il a réussi à restreindre la liberté de pensée, à séparer les femmes des hommes dans certaines piscines, à halaliser les menus scolaires et même les rations militaires, à fragiliser la laïcité, à ouvrir des mosquées dans les universités, à gagner des procès contre des États, à verrouiller plusieurs institutions internationales…

L’islamiste a deviné le gouffre spirituel dans lequel est plongé l’Occident. Il compte le combler.
Il sait que le capitalisme sauvage crée des solitudes et que celles-ci tuent dans les villes.
Il a trouvé un remède au stress et à l’ennui : son prosélytisme dynamique et le mirage de sa fraternité.

L’Occident est en train de perdre sa guerre contre l’islamisme.

Sans courage ni lucidité, il perdra aussi son âme.

La France, quant à elle, risque de devenir très vite l’Algérie des années 90.

Le Brexit

Rien d’étonnant du résultat du vote de nos amis de Grande-Bretagne. La France elle-même devrait s’interroger sur l’euroscepticisme de ses concitoyens. Les politiques et une partie des médias soumis s’agitent sans vraiment qu’une analyse sereine des raisons soit développée.

Les motifs de désintéressement sont nombreux. Le premier la défection des institutions par les Elus (es) qui pour certains d’entre eux ne siègent qu’une fois par mois.

Quels sont les députés européens champions de l’absentéisme ?

L' absentéisme des députés européensSelon le site VoteWatch Europe, les députés allemands sont les plus assidus au Parlement européen. Les députés français sont quant à eux moins impliqués, mais restent néanmoins dans la bonne moyenne.

Selon Alain Lamassoure, président de la commission des Budgets, il existe 3 types d’élus: « Les assidus, les vedettes politiques nationales qui se cherchent un abri après un accident de parcours et continuent à privilégier Paris aux dépens de l’Europe, et ceux qui ne sont ni l’un ni l’autre, les militants que l’on récompense. »

Rappelons qu’un député européen touche 6 200 euros net mensuel, ainsi que 304 euros par jour de présence, 4 300 euros par mois de frais forfaitaires, divers avantages ( carte de réduction sur le Thalys, etc.) et 22 000 euros pour les rémunérations de leurs assistants.

Brice Hortefeux correspondrait à l’étiquette « vedette politique nationale cherchant un abri« : il est en effet bien présent aux séances plénières, mais en pointe sur aucun dossier.

D’après un observateur, Rachida Dati est la « touriste en chef de l’UMP« . Daniel Cohn-Bendit et Joseph Daul président leur groupe politique et n’ont de ce fait que peu de temps pour rédiger des rapports.

Parmi les députés européens champions de l’absentéisme, on trouve Jean-Marie et Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Philippe de Villiers.

La famille Le Pen ne participe à aucune séance, sauf aux séances plénières, avec un taux de présence de 61,3% ( si l’absentéisme aux plénières dépasse les 50 %, les indemnités sont fortement réduites).

Jean-Luc Mélenchon arrive juste derrière, avec un taux de présence de 66,84 % aux séances plénières. Mais le champion français de l’absentéisme au Parlement européen est Philippe de Villiers.

Ces féroces opposants à l’ Europe s’illustrent par leur absence lors des votes importants ( budget de l’UE, réforme de la PAC, etc) alors que les eurosceptiques britanniques ne perdent aucune occasion d’user de leur vote pour affirmer leurs positions.

Alain Lamassoure déclare ainsi, « les Le Pen et Mélenchon ne défendent même pas leurs idées. Où était Mélenchon lorsque le Parlement a plafonné les bonus des banquiers ? Je ne l’ai pas entendu. Choquant ! ».

En parlant de Mélenchon, l’eurosceptique néerlandais Derk Jan Eppink a déclaré: « Lui et les Le Pen utilisent l’argent et les structures du Parlement sans rien faire. S’ils étaient dans le privé, ils auraient été virés depuis longtemps. »

source: lepoint.fr

Publié par Rédaction le 12/04/13

Une autre raison de ce désamour pour Bruxelles, les sujets traités. Dans cette rubrique nous pouvons inscrire : la multiplication de mesures insignifiantes et l’absence d’une vraie volonté affirmée de construire un socle dans lequel nous pouvons trouver l’harmonisation de la fiscalité, la Défense, et la politique.

L’harmonisation fiscale est une nécessité incontournable car actuellement les appels d’offres publiés au plan européens provoquent des anomalies dans la mise en concurrence. En effet, comment lutter contre des propositions lorsque la fiscalité et les cotisations sociales varient  d’un pays à l’autre,

la France a une fiscalité élevée par rapport à ses voisins européens. Un taux de l’impôt sur les sociétés de 33,1/3 au lieu de 15 % en Allemagne et 23 % en Angleterre. Pire: en 2013, la création d’une sixième tranche d’impôt sur le revenu à 45 % (au lieu de 41 % en 2012) touche les entreprises individuelles à partir de 150 000 euros de revenus.

Sans parler de la  » taxe à 75 %  » à partir d’un million d’euros de revenus. Et, spécificité française : des prélèvement sociaux sur les revenus du capital (CSG, CRDS, … de 15,5%.

La Lituanie est le pays où la pression fiscale est la moins élevée (27,1% du PIB contre 42,5 % en France)

La France se distingue surtout par le poids énorme des cotisations sociales applicables sur les salaires (environ 60%) contre 40% en Allemagne, 38 % en Belgique, 22 % en Angleterre et 14 % en Suisse.

 

Charges sociales moyennes sur le salaire brut : Angleterre France Allemagne Belgique Suisse
Charges patronales 10% 38% 19,5 % 25% 8 %
Charges salariales 12% 22% 20,5% 13% 6 %
Total = environ 22% = environ 60% = environ 40% = environ 38% = environ 14 %

Source : l’EXPRESS

La Défense européenne

En marche depuis 1998, l’Europe de la défense se concrétise à partir de 2003 avec notamment la mise en place d’une force de réaction rapide et la conduite d’opérations militaires européennes. Le développement de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) doit cependant surmonter de nombreux obstacles : différences d’appréciation entre Etats sur des questions internationales, sur les relations avec l’OTAN, contraintes budgétaires…

Les derniers engagements militaires contre un ennemi commun « DAESH »ne se sont fait qu’au travers des actions françaises. Où se trouve la Force de réaction rapide ? Qu’elle est la véritable ambition européenne ?

Faut-il enterrer la défense européenne ?

La politique Européenne existe-t-elle à l’internationale  ? Les négociation sont en grande majorité portées par l’Allemagne et généralement approuvées par la France. Prenons la dernière décision prise en rapport avec la problématique de l’accueil des migrants et sa gestion par la Turquie imposée par l’Allemagne et entérinée par la France. Voilà résumée la politique européenne sur une question cruciale qui introduit, bien entendu, la question de l’intégration de la Turquie au sein de l’institution européenne..

Avons-nous la volonté de créer un véritable parlement européen et surtout d’élire démocratiquement un Président qui disposera d’une légitimité au plan international. Devons-nous aller vers une confédération ? Bien entendu cela signifie que nous perdons de notre indépendance et qu’il faut poser la question ?

Mais bien avant cette étape nos gouvernants se doivent d’organiser en France un débat suivi d’un référendum sur l’éventualité d’un Frexit.

Il faut revoir les institutions européennes si nous voulons poursuivre

 

 

 

 

La chambre haute ne semble pas connaître la crise…

Une représentation qui n’est pas vraiment démocratique

 

Ce très cher Sénat

Le Sénat

Photo © AFP

Coulisses. Souvent épinglé pour ses frais de fonctionnement, le palais du Luxembourg ne semble toujours pas connaître la crise.

Le rapport d’information mené par le sénateur (PS) de Charente-Maritime Bernard Lalande sur les comptes du Sénat pour l’année 2015 réserve ainsi quelques surprises. La note de synthèse, dès les premières lignes, est claire : « Le budget du Sénat […] s’établit à 333,4 millions d’euros pour l’exercice 2015, en progression de 0,41 % par rapport à 2014. » Dans le détail, on apprend que 60 302 euros ont été dépensés pour « mettre en place une signalétique de stationnement dans la cour d’honneur », que 624 257 euros ont été nécessaires pour « la rénovation des réseaux téléphoniques » ou encore que 191 668 euros ont été utilisés pour « la rénovation de l’éclairage du parking »… Le Sénat met également un point d’honneur à entretenir ses fastueuses décorations intérieures. Le rapport détaille que « les dépenses […] ont permis de restaurer des sièges, des fauteuils, des banquettes et des dorures, propriétés du Sénat (pour 109 978 euros) ainsi que des tableaux cadres et vases […] (pour 17 064 euros) ». Le comportement des sénateurs, lui, n’est toujours pas exemplaire. On apprend que les frais de transport passent de 4,9 millions d’euros en 2014 à 5,3 millions en 2015, soit 8 % d’augmentation ! Les dépenses de déplacement en avion sont en croissance de plus de 10 % pour dépasser les 3 millions d’euros… Tandis que les frais de taxi, eux, s’établissent à 987 314 euros, soit une progression de 6 % par rapport à 2014. Pis, « l’hébergement des sénateurs dans le cadre du forfait hôtelier a représenté 1,3 million d’euros », en hausse de… 43 %! Le rapport précise également le coût du Congrès convoqué par François Hollande le 16 novembre dernier à Versailles : 131 757 euros pour une journée. Le contribuable sera ravi d’apprendre qu’il a payé, entre autres, « 5 950 euros de collations et boissons », « 85 500 euros pour la captation vidéo de la séance » ou encore « 5 554 euros de sonorisation »…

Valeursactuelles du 2016-06-06

Pourquoi se priver lorsque les copains se partagent le pouvoir ?

 

La majorité des médias ont oublié de donner de  l’importance à cette information. N’y voyez aucune désinformation. Vous auriez l’esprit bien mal tourné.  Mais de mémoire nous n’avons pas entendu le moindre de ces condamnations sur BFM. Allez chercher pourquoi ?

 La CGT d’EDF lourdement condamnée

Les condamnations du procès du comité d’entreprise d’EDF sont curieusement passées inaperçues. Elles prouvent que CGT et PC se finançaient sur la bête…

PAR JEAN NOUAILHAC

Source : Le Point.fr  Publié le 21/10/2014 à 06:13 – Modifié le 21/10/2014 à 08:29par-2874377-jpg_2510887_660x281La justice a rendu plusieurs condamnations dans le cadre d’un procès pour malversations et détournements de fonds du comité d’entreprise EDF. © AFP PHOTO / DENIS CHARLET

C’est une étrange affaire, et ce, depuis le début. Après plus de dix ans d’instruction sur l’un des financements les plus secrets du Parti communiste et de la CGT par le comité d’entreprise d’EDF, un procès s’était finalement tenu en juin dernier devant le tribunal correctionnel de Paris à la stupéfaction des intéressés eux-mêmes, plus habitués à être amnistiés qu’à être poursuivis. Pendant trois semaines, dans une indifférence quasi générale, volontaire ou soigneusement entretenue, le dossier du juge d’instruction Jean-Marie d’Huy, plus épais qu’une armoire normande, a été largement utilisé pour détailler les malversations et les détournements de fonds de la CCAS, la Caisse centrale d’activités sociales, qui fait office de comité d’entreprise à EDF.

 

Cette CCAS est célèbre pour l’énormité de ses recettes – près de 500 millions d’euros par an – calculées sur la base de 1 % du chiffre d’affaires de l’entreprise au lieu de 1 % de sa masse salariale comme c’était la règle à l’origine. Une hérésie économique qui date de sa création en 1946 par Marcel Paul, le ministre communiste de la Production industrielle. Une « faute de frappe » – qui peut le croire ? -, avait-on dit à l’époque, laquelle, ensuite, n’avait jamais été rectifiée. Depuis lors, cette CCAS, qui est gérée en dépit du bon sens et exclusivement par la CGT, est connue pour être la principale caisse noire du Parti communiste et de son syndicat frère. Pour évaluer l’extravagance de la chose, il suffit de multiplier 500 millions d’euros par le nombre d’années écoulées depuis 1946. On comprend mieux ces sonos dernier cri, ces bus ultramodernes et toutes ces banderoles rouges qui donnent l’impression d’être toujours neuves, lors des manifestations de la CGT dans les rues !

Des manœuvres pour faire capoter l’instruction

On savait depuis longtemps – depuis toujours – que cette caisse noire fonctionnait à plein régime, mais encore fallait-il le prouver. Et puis, tout arrive : fin 2003, à la suite de la plainte d’un cadre de la Caisse en Vendée, une information judiciaire est enfin ouverte pour « escroquerie, abus de confiance, faux et usage de faux », et elle est confiée au juge parisien Jean-Marie d’Huy, celui de l’affaire Clearstream. Un solide ! Dès le printemps 2004, ce dernier comprend assez vite à qui il a affaire après avoir perquisitionné à grand fracas la CCAS, le siège de l’Iforep, une nébuleuse proche de la CCAS, l’Agence centrale de publicité (ACP) liée au Parti communiste et les bureaux du journal L’Humanité : des militants communistes dévoués corps et âme à leur parti et pour lesquels tout ce qui est pris à « l’ennemi de classe » est bon à prendre, tout ce qui peut aider à la « cause » est juste et bienvenu.

 

Passons sur les nombreuses manœuvres souterraines ou officieuses qui auront été initiées par le bloc PC-CGT pour faire durer ou capoter l’instruction de Jean-Marie d’Huy… Dix ans après le début de l’instruction, le procès s’ouvre enfin au mois de juin dernier devant le tribunal correctionnel de Paris. Après trois semaines d’audience et trois semaines de silences gênés dans les grands médias audiovisuels et les principaux quotidiens – rappelons que les quotidiens parisiens sont dépendants de la CGT pour être imprimés par le Syndicat du livre CGT -, le procureur Serge Roques requiert dix-huit mois de prison avec sursis contre le principal inculpé, Jean Lavielle, qui présidait la CCAS à l’époque, et neuf mois avec sursis contre la sénatrice communiste Brigitte Gonthier-Maurin, poursuivie pour un emploi fictif. De nombreuses et fortes amendes sont réclamées contre la CGT et sa fédération des Mines et de l’Énergie, contre l’Iforep et contre L’Humanité, ces deux derniers pour avoir profité de détournements de plus d’un million d’euros. Au total, huit personnes physiques et quatre organisations seront condamnées dans ce dossier.

 

12 condamnations bien senties

 

Le jugement du tribunal correctionnel est finalement rendu le 1eroctobre dernier, dans un silence tonitruant. Pas une seule télévision, ni une généraliste ni une chaîne d’info, pas la moindre radio, pas un journal n’en rendra compte sur le moment ni plus tard à notre connaissance, sauf quelques lignes dans un mince entrefilet des Échoset sur le site de La Croix. Alors, ce jugement, qu’avait-il de si mystérieux ou de si terrible ? Il était très clairement déshonorant pour la CGT et assenait de fort lourdes condamnations : Jean Lavielle écope des dix-huit mois avec sursis réclamés par le procureur. La sénatrice Gonthier-Maurin se voit gratifiée de dix mois avec sursis et l’ancien directeur général, Jean-Paul Blandino, de huit mois avec sursis. Pour les amendes, le tribunal est allé au-delà des réquisitions, condamnant à 20 000 euros d’amende la CGT et sa fédération des Mines et de l’Énergie et à 75 000 euros chacun l’Iforep et L’Humanité, les deux principaux bénéficiaires des détournements de fonds.

 

Au total, 12 condamnations bien senties pour des faits clairement identifiés et prouvés de détournements et de malversations sur une longue période, de 1994 à 2002, au coeur d’un dispositif secret, unique au monde, dont le trésor immense semble plutôt géré par des corsaires des Caraïbes que par des syndicalistes compétents et responsables. Car, bien entendu, la gestion baroque de cette CCAS

 

cousue d’or n’a jamais cessé ! Chiffres récents : 80 millions d’euros de pertes pour l’exercice 2010, 550 millions d’euros de dépenses pour 470 millions de recettes ! Pour éponger ces dettes et d’autres, la CGT d’EDF a décidé de vendre certains bijoux de famille de cette CCAS qui, comme Le Point l’a révélé, détient près d’un milliard d’euros d’actifs ! Du moins n’aura-t-elle plus à supporter un autre procès au civil, en dommages et intérêts, de la part d’EDF qui, au dernier moment, s’est retirée de toute instance dans cette affaire. Pour éviter de mettre de l’huile sur le feu ? Les prochaines élections de représentants des salariés à la CCAS sont prévues pour le 26 novembre prochain et il y a fort à parier que la CGT y restera majoritaire avec l’aide du conseil d’administration, lui-même contrôlé par l’État, puisque cette entreprise a la particularité, depuis son origine, d’être mise en coupe réglée par son syndicat communiste majoritaire avec le consentement tacite de sa direction.

 

Rappelons tout de même que, pour le citoyen/consommateur, les tarifs d’EDF ont été augmentés deux fois de 5 % en 2013 et en 2014 en raison de la dérive des dépenses. La justice est donc finalement passée dans ce dossier et c’est une première ! Reste une question : pourquoi donc les télévisions, les radios et les journaux ont-ils fait autant la sourde oreille ?